Des racines et du houmous

    Difficile à croire qu’un spectacle de cinquante cinq minutes puissent soulever autant de questions et répondre à tant de problématiques qui remontent à la nuit des temps tout en faisant écho aux actualités du monde. Le pari est osé et l’approche ressemblerait presque à une mauvaise blague : C’est un juif et un arabe qui dansent ensemble, et pourtant…Grand succès du festival off d’Avignon en 2016, We love arabs a été joué en français, en anglais, en espagnol et en hébreu, entre autres et que je sache, et revient au théâtre du rond-point pour la saison 2017/2018

    Hillel Kogan est un chorégraphe Israélien lunaire et excentrique et, pour illustrer une démarche artistique et idéologique, est à la recherche d’un danseur. Dans sa chorégraphie, Kogan veut que l’arabe et le juif dansent de chaque côté d’un mur imaginaire, puis le démolissent et finissent dans les bras l’un de l’autre, avec comme leitmotiv la paix, l’identité et la cohabitation.

    Si le spectacle débute de façon sérieuse sur Hillel Kogan, ancré dans le sol et dansant de façon libre, on comprend vite le ton satirique de la pièce et la caricature constante à laquelle nous allons assister. Le chorégraphe s’emmêle les pinceaux en essayant d’expliquer sa vision de la danse et le message qu’il veut nous faire passer. On comprend vaguement le fond de sa pensée sans ne rien pouvoir lire à la forme, mais une chose est claire : Il veut un danseur arabe. Entre alors en scène Adi Boutrous, un prétendant au poste qui a l’air de se retrouver là sans vraiment savoir pourquoi, et qui va s’en mordre les doigts. Entre maladresses, incompréhensions et clichés culturels, le danseur va essayer de répondre aux attentes du chorégraphe sans perdre patience.

    Pour le public c’est une grande claque, les minutes s’envolent et nous avec, l’humour est absurde et en même temps fin, précis et aiguisé. Tout est millimétré comme du papier à musique, la pièce entière est une chorégraphie et les personnages sont intenses et touchants et drôles. Il est important de souligner le talent d’Hillel Kogan et d’Adi Boutrous, tant dans la danse que dans leur dimension comique. L’un parle tout le temps sans que l’on n’y comprenne rien, l’autre ne dit quasiment rien mais le public s’identifie pourtant à lui, le tout est interprété si intelligemment que tout le monde rit du début à la fin.

    Premier coup de cœur de cette saison théâtrale, on oscille entre le rire et l’émotion, on se remet en question et on réfléchit, éclaboussures de houmous garanties au premier rang, bref, courrez-y !

We love arabs, Texte et chorégraphie Hillel Kogan, avec Hillel Kogan et Adi Boutrous. Au théâtre du rond-point jusqu’au 08 octobre 2017. Réservations au 01 44 95 98 21 ou sur internet http://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/we-love-arabs/

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s