Celui qui tue

   Dans un an jour pour jour, il y aura un attentat à Rishon LeZion, ville d’israël au sud de Tel Aviv, c’est ainsi que s’ouvre la pièce et le compte à rebours est lancé. L’année qui précède cette attaque meurtrière, trois femmes vont nous la conter, une arabe, une juive et une occidentale. Shirin Akhras est une jeune étudiante Palestinienne, et elle décide de devenir martyr pour la cause des siens ; Éden Golan est une professeur de littérature Israélienne, elle a cinquante ans, et elle se bat contre la haine avec l’enseignement de l’histoire ; enfin, Mina Wilkinson est une GI Américaine parachutée sur le sol Israëlien pour combattre le terrorisme, elle assiste impuissante et ignorante au conflit qui bat son plein entre les deux peuples. Trois personnages mais une actrice, seule en scène. Dans Je crois en un seul Dieu, Rachida Brakni nous livre à travers trois regards différents le quotidien d’un pays en guerre.

   Sur scène, trois murs, chacun percés d’une ouverture, de la moquette au sol et surtout le ciel, illustré par un grand puit de lumière. L’actrice n’aura finalement que son talent pour servir la pièce car aucun artifice ne pourra parasiter l’attention du spectateur. Les débuts sont lents, laborieux, on a du mal à comprendre ou tout cela va pouvoir en venir, mais on écoute les vies de Shirin, Eden et Mina car l’on connait déjà la fin et l’on veut savoir comment cela va se passer.

   Ces trois femmes qui n’ont rien en commun vont se retrouver dans un an au lieu même de l’attentat. L’une parce qu’elle va le commettre, l’autre parce qu’elle voulait juste sortir avec ses collègues ce soir-là, et la troisième car elle a été mise au courant qu’un attentat se préparait et qu’elle couvrait le lieu. Au fur et à mesure que la pièce avance, l’étau se resserre et le rythme s’accélère. Rachida Brakni tire les ficelles avec subtilité, change sa voix, ses mimiques et sa façon de parler pour indiquer au public qui elle interprète mais les informations vont se brouiller, on aura de plus en plus de mal à les distinguer. Si tout les sépare, les trois femmes sont habitées par cette même peur et paralysées par ce même air irrespirable, ce qui les rend toutes trois touchantes.

   En mettant en scène le texte de Stefano Massini, Arnaud Meunier oblige son actrice à se mettre à nu, la positionnant seule sous la lumière, comme le commun des mortels sous le regard du Dieu au nom duquel il hait et tue. Ces trois histoires nous sont livrées avec beaucoup de sobriété, ce qui rend le tout très percutant. Rachida Brakni récite seule pendant une heure et quarante minutes avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Les quelques longueurs ressenties sont inévitables. Le public aussi est mis à rude épreuve car, si l’actrice réalise une véritable prouesse technique et artistique,  ces trois récits lourds de sens nécessitent une attention de tous les instants.

Je crois en un seul Dieu, de Stefano Massini, mis en scène par Arnaud Meunier et interpreté par Rachida Brakni. Au théâtre du rond-point jusqu’au 9 Avril 2017. Réservations au 01 44 95 98 00 ou sur internet http://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/je-crois-en-un-seul-dieu/

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