The play that goes so well

    Les faux British marche dans les pas de sa grande soeur Anglaise, The play that goes so wrong, écrite par Henry Shields, Jonathan Sayer et Henry Lewis, qui rencontre un succès retentissant en Angleterre depuis plusieurs années et qui a raflé en 2015 l’Oliver Award de la meilleure comédie. Gwen Aduh a un coup de foudre pour cette pièce et décide d’en racheter les droits, de traduire le texte en français et de monter la pièce pour la produire à Paris. Autant de décisions qui se soldent par la réussite de la pièce dans l’hexagone puisqu’elle remporte en 2016 le Molière de la comédie. Ma curiosité était piquée au vif, je me demandais comment l’humour anglais si particulier et dont je raffole avait pu prendre avec le public Français.

  Une troupe amateur monte un polar écrit par Conan Doyle, et présente la pièce pour la première fois. Cette dernière tourne autour d’une victime et de l’élucidation de son meurtre. À tour de rôle, tous les personnages gravitants autour du mort vont être soupçonnés car le coupable se trouve obligatoirement parmi eux. Mais cette grande partie de Cluedo qui aurait dû se dérouler sans encombre va virer au drame, le manque d’investissement des comédiens amenant la pièce de catastrophe en catastrophe à un véritable fiasco.

  La surprise fut bonne et totale, il est vrai que me faire rire ne relève pas de l’exploit, mais j’ai rarement autant ri et de bon cœur, films livres et pièces de théâtres mélangées. La pièce nous happe dès le début par la mise en scène originale, les décors kitsch à souhait, les personnages tous plus décalés les uns que les autres, et surtout la maîtrise de cet enchaînement de ratés qui vont crescendo. L’affaire est rondement menée, les fous-rires bercent la pièce de bout en bout, l’humour de nos voisins d’outre-manche s’illustre dans tout ce qu’il a de plus Monty piston-esque, absurde et flirtant avec la lourdeur sans jamais y tomber.

  Mention spéciale à Yann De Monterno, qui m’avait tapé dans l’oeil lors du dernier festival d’Avignon dans Timeline de Jean Christophe Dollé et Clotile Morgiève, et qui transforme l’essai en étant à mes yeux le plus drôle de tous dans le rôle du beau-frère-grande-folle-pas-courageux-pour-un-sou-et-soucieux-de-son-apparence-en-toutes-circonstances. Les autres comédiens ne sont pas en reste, notamment Miren Pradier, qui plante une veuve éplorée peu convaincante, maniérée à la Fanny Ardant du pauvre et qui maîtrise l’interprétation caricaturale de la mauvaise comédienne.

  Certains succès sont mérités, certains Molière ne sont pas volés.

Les Faux British, de Henry Shields, Jonathan Sayer et Henry Lewis, mise en scène par Gwen Aduh, représentations au Théâtre Saint Georges jusqu’au 29 Avril 2017. Réservations par téléphone au 0148786347 en ligne :

https://billetterie.theatre-saint-georges.com/selection/event/date?productId=624213734

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1 commentaire

  1. J’ai aussi beaucoup aimé , pourtant me faire rire ´relève parfois de l’exploit’ . Je me suis tout naturellement laissée embarquée par la pièce et ai passé un très agréable moment .

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