Edmond ranime Rostand

    Qui s’y frotte y retourne. Michalik, enchaîne les triomphes et rafle les Molière du haut de sa petite trentaine bien tassée. Après Le cercle des Illusionnistes et Le porteur d’histoire, le metteur en scène s’attaque au monument Rostand qu’il fait renaître sur scène à l’aube de son œuvre maîtresse, qui est aussi l’une des plus emblématiques du Théâtre Français : Cyrano de Bergerac.

 

  Dès les premières minutes de la pièce, on reconnait l’empreinte indélébile d’Alexis Michalik : des acteurs dynamiques, un texte rythmé et fluide, un décor riche et mobile, changeant sous nos yeux alors que les acteurs eux même l’installent et le désinstallent entre deux scènes. Mais surtout, une histoire, car le jeune metteur en scène est avant tout un grand conteur. Le décor est planté à  la fin des années 1890, autour d’un jeune auteur quelque peu raté et ringard : Edmond Rostand. Dans un Paris où le Théâtre connaît son apogée, Georges Feydeau signe déjà plusieurs succès retentissants, et le jeune Edmond Rostand, lui, ne connaît que des fours, s’entêtant à tort selon ses pairs à vouloir écrire des pièces en vers.

   C’est dans ce contexte que l’acteur et directeur de Théâtre Constant Coquelin va tomber amoureux de la plume du jeune auteur et lui commander une pièce dans laquelle il devra jouer le rôle-titre, et dans laquelle son fils devra tenir l’un des rôles principaux. Suivant ces deux règles sine qua non, le public va suivre Edmond dans toutes les péripéties qu’il va rencontrer pendant l’écriture de sa pièce dont il n’a pour l’instant que le titre, « Cyrano de Bergerac ». C’est à partir de là qu’Alexis Michalik a exercé ses talents de romancier en imaginant les différentes inspirations que Rostand a pu puiser dans sa vie privée. Entre son meilleur ami, sa femme, le patron du café du coin, une muse inattendue, sans oublier Sarah Bernhardt, deux producteurs corses véreux, une actrice odieuse et capricieuse…bref, de rebondissement en rebondissement, Rostand réussira à livrer la pièce tant attendue et rencontrera le succès qu’on lui connait.

   Comme à son habitude Michalik ne laisse pas le temps au spectateur de s’ennuyer, il nous entraîne dans un spectacle haletant, drôle et riche en références. J’entendais à la sortie du théâtre quelques critiques émerger de la foule, en cause : « trop de bons sentiments, on sait qu’il excelle là-dedans mais il serait tant qu’il sorte des sentiers battus parce que bon, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ça va deux minutes… ». Justement, c’est tout l’art du metteur en scène de toujours flirter avec ce côté naïf sans tomber dans la mièvrerie, et la manière dont l’histoire est livrée par les acteurs justifie le tout avec subtilité et justesse. Ainsi non, trop de bons sentiments ne tuent pas ici les bons sentiments, et l’on sort de cette heure et demie le cœur léger, ce qui ne fait pas de mal par les temps qui courent, en témoignent la standing ovation et les nombreux rappels à la fin.

Edmond, écrit et mis en scène d’Alexis Michalik, au théâtre du Palais Royal jusqu’au 30 Novembre 2016. Réservations en ligne : http://theatrepalaisroyal.com/edmond/# ou 01 42 97 40 00

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3 commentaires

  1. Si je peux me permettre, j’ai été marqué par l’aspect chorégraphique de la mise en scène, de la mise en place des décors.
    Par ailleurs, je trouve que tu spoiles un peu trop ! Ah ah
    En tout cas, chouette blog ! J’aime bien ton écriture. Bravo

    J'aime

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