C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde.

  La maternité. Tout un programme. Les filles de Simon entreprennent cette pièce comme un manifeste pour casser les tabous autour de la femme, des clichés qu’elle affronte de l’annonce de sa grossesse jusqu’à son accouchement, et au-delà encore dans son rôle de mère. Alors même que l’émancipation de la femme est au cœur de tous les débats, cette pièce vient comme un couperet nous rappeler que dans l’inconscient collectif, les choses n’ont pas tant évolué que ça.

  Chloé et Tiphaine enchaînent de petites scénettes illustrant ces différentes épreuves que l’on affronte quand on passe du statut de femme à celui de mère. Découverte de la grossesse, annonce de la grossesse à l’employeur, le non contrôle des émotions, la lourdeur du suivi médical, l’intrusion des gens qui ont tous un avis, l’occultation du bien-être de la mère au profit du fœtus, la vie sexuelle en berne et j’en passe…Il faut bien avouer que tout cela n’est pas très positif, et ne donne pas forcément envie.

  La pièce est incisive, drôle et crue, les actrices sont justes, mais je regrette un certain manque d’originalité dans l’exercice. Les clichés sur la grossesse, on les connait, et on apprend rien de plus que ce que l’on savait déjà. La pièce aurait pu aller beaucoup plus loin dans la démonstration, le tout reste à la surface pour ne pas trop faire de vagues et rester le plus grand public possible, dommage. Mention spéciale tout de même à la scénette sur l’accouchement « bio », criante de vérité sur notre époque, avec en sus le petit moment trash de la dégustation du placenta. L’accessibilité des actrices et l’interactivité avec le public était le petit plus, bien que l’on observe ce procédé dans beaucoup de mises en scène de nos jours.

  En conclusion, un moment sympathique accessible à tous, ce qui justifie son succès et donc sa reprise au Rond-Point. Mais je garde goût quelque peu « insipide et sans saveur », j’aurais aimé plus de trash, de joie, de cris, de larmes, de moment dérangeants, un condensé plus léché de ce que représentent le tumulte de ces neufs mois et des nombreuses années qui leurs succèdent, bref, moins de simplicité et de moments attendus.

C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde, création collective Les filles de Simon, texte de Tiphaine Gentilleau et mise en scène de Claire Fretel, au théâtre du Rond Point jusqu’au 2 octobre 2016. Réservations en ligne : http://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/cest-un-peu-complique-detre-lorigine-du-monde-2/ ou 01 44 95 98 21

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