Olivier in Wonderland

    Il était une fois Olivier Sauton, vingt ans, qui rêvait de devenir un grand comédien et qui un jour, au détour d’une rue, va tombez nez-à-nez avec Fabrice Luchini, son idole.  Tel un enfant qui brode autour de ses souvenirs et transforme sa vie en aventure idyllique, Olivier va aller au-delà de cette rencontre furtive, et nous raconter comment, après un sursaut de culot, il a réussi à convaincre Monsieur Luchini de devenir son professeur de comédie. 

  Programme apétissant mais toute la question était de savoir comment Luchini allait être représenté sur scène, étant tout de même l’autre tête d’affiche du spectacle. Tout d’un coup, le noir se fait sur la scène et l’on aperçoit en silhouette le corps de l’acteur qui se contorsionne. La lumière réapparaît et tout y est : gestuelle, intonations, physionomie…Fabrice Luchini est sur scène. Au-delà de la simple imitation, on assiste à une réelle incarnation, il devient évident que l’acteur a passé des heures, des jours voire des années à scruter et analyser chaque facette de cet homme qu’il idolâtre. Certains moments du spectacle sont vraiment troublants, une chose est sûre : il faut aimer Luchini, sinon c’est la nausée assurée avant la fin du spectacle. Je pense que le titre de la pièce est suffisamment équivoque quoi qu’il en soit.

  Au-delà de la mécanique impressionnante qu’Olivier Sauton impose à son corps pour se métamorphoser, il nous propose une performance intéressante de dialogue entre les deux personnages : lui-même et son nouveau professeur. Il embarque alors dans un marathon schizophrénique qui ne paraît pas poussif, on ne sait plus qui il est vraiment et qui il imite tant il maîtrise son sujet. Il nous livre notamment un texte qui aurait pu être mot à mot pensé par son Pygmalion. Assez facile de savoir ce que pense Luchini sur tel ou tel sujet, tant les sources d’inspiration sont abondantes, mais moins facile d’avoir la joute verbale suffisante pour toucher du doigt son talent d’orateur et de philosophe. Des fables de la Fontaine à Baudelaire, en passant par Molière, la relation professeur/élève est convaincante et la pièce passe finalement trop vite.

  Olivier Sauton nous donne l’impression de vivre un « conte de fée », une sorte de rêve éveillé, il livre un spectacle d’une grande sensibilité, tantôt vulnérable tantôt déterminé mais surtout très humble, c’est une véritable déclaration d’amour et cela fait du bien de temps en temps.

Fabrice Luchini et moi, mis en scène et interprété par Olivier Sauton, au théâtre de l’Archipel jusqu’au 18 Juin 2016. Réservations : 01 73 54 79 79

http://www.larchipel.net/index.php/programmation/view/872

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s