Le concert sans retour, cinq de cœur.

Mettons cinq chanteurs sur scène, tous de formation classique : un baryton, un ténor, une alto et deux sopranos, la logique veut que l’on s’attende à un concert classique. C’est d’ailleurs ce que nous font croire les cinq de cœur au début du spectacle. L’annonce d’une sélection d’œuvre du répertoire classique «  germanique » et « en Allemand » laisse entreprendre l’interprétation de quelques lieder de Brahms ou Schumann, cantates de Bach ou encore extraits d’opéras de Schubert ou Mozart. Il n’en est rien, ce qui paraît être un concert rigide, interprété par cinq chanteurs tout de noir vêtus, sur une scène vide de tout décor se révèlera être un concert pop, coloré et propice au voyage. Le concert sans retour a remporté le prix du public du Festival d’Avignon OFF 2015, et a été nommé en 2015 aux Molières dans la catégorie Théâtre musical.

Alors que le concert débute sagement sur une version a cappella de la célèbre danse hongroise n°5 de Brahms, quelques parenthèses commencent à s’ouvrir : les deux sopranos, jalouses l’une de l’autre, se disputent le devant de la scène. La chanson est donc perturbée et, au fur et à mesure que les trois autres chanteurs entrent dans la dispute, le fil du classique se perd. On assiste alors à plusieurs petites scénettes musicales savamment articulées les unes aux autres par de furtifs retours aux classiques, qui restent tout de même le fil conducteur du spectacle. Une mise en scène toute en finesse de Merim Menant, qui s’organise autour d’histoires d’amour, de jalousie, de concurrence, d’amitié…entre les cinq personnages. Alors qu’ils se partagent la scène durant l’heure et demie de spectacle, chacun d’entre eux connaît sa « minute de gloire », en chanteur soliste accompagné ou non par les voix de ses camarades. Cette subtilité supplémentaire dans la mise en scène permettait de découvrir la personnalité et le timbre de voix de chacun.

Sur scène, aucun élément de mobilier ou accessoire de décoration, les cinq de cœurs n’ont que leurs voix pour défendre leur spectacle,  appuyés tout de même par un travail sur la lumière et une réflexion sur l’évolution des costumes. Alors qu’ils débutent tous en noir, leurs costumes deviennent au fur et à mesure des parenthèses dans les parenthèses de plus en plus colorés. On termine d’ailleurs en apothéose quand ils viennent pour leur premier salut dans des costumes de fées très graphiques et caricaturaux. Ce spectacle prouve qu’avec beaucoup de talent, nul besoin de mettre l’accent sur le matériel, les cinq chanteurs / comédiens / humoristes réussissent à nous livrer un spectacle coloré et rythmé tout en restant minimaliste.

Dans la même veine que dans leur précèdent spectacle, Métronome,  où les cinq de cœur nous offraient un voyage dans le métro parisien, ils révèlent dès le début du concert sans retour une nouvelle invitation au voyage. De Brahms à Mylène Farmer,  d’Yves Montand à Scorpions, en passant par un gwerz breton et une tyrolienne, pour finir sur Mexico de luis Mariano, le spectateur traverse les époques et parcours le monde.

En conclusion, les cinq de cœur nous livrent un spectacle poétique, subtil et drôle, relevé par une impressionnante performance vocale. Mes deux coups de cœur vont à Pascale Costes et Patrick Laviosa, dont les deux personnages apportent selon moi le plus de relief et d’humour au spectacle.

Le spectacle sillonne la France depuis plus d’un an et pour une durée encore indéterminée. Toutes les dates sont détaillées sur leur site : http://cinqdecoeur.com/calendrier

 

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